إارنزنز
إزنزارن
: الوشم
المفقود
للأغنية
الأمازيغية
تلوك
حاليا عدة
ألسنة
احتمال
لقاء
إعلامي قد
يجمع
القناة
الثانية (2M)
بمجموعة
إزنزارن
الغنائية،
وقد ظلت هذه
المجموعة
الأمازيغية
من الناحية
الإعلامية
كالشبح
الحاضر
الغائب،
وكأن
المشاهد
المغربي
ينتظر متى
يسقط القمر
في البئر،
ليتابع
إحدى
قنواتنا
تستضيف
إزنزارن
بإحدى
سهراتها
التلفزيونية.
وبصمت
المجموعة،
طيلة فترة
القطيعة
والتهميش
الإعلامي،الساحة
الغنائية
عبر مسيرة
فنية حافلة
ومشاركات
متميزة في
السهرات
والمهرجانات
الموسيقية
والثقافية
المختلفة.
ففي وثيقة
ميلاد
جديدة
كتبتها
فرقة
إزنزارن،
أوضحت أنها
غنت بالقصر
الملكي سنة
1983 أمام
الملك
الراحل
الحسن
الثاني،
الذي
استقدم
المجموعة
من أكادير
إلى الرباط
عبر طائرة
خاصة،
وأعجب
الملك
حينها
بأغانيهم
وترانيمهم،
بل رفع
الكلفة
وخلق
الألفة
وساير
إيقاع
الموسيقى
الأمازيغية
مع
المجموعة.
كما شاركت
إزنزارن في
مهرجان
أكادير (2001)
الذي نظمته
القناة
الفضائية
"إي آر تي"،
وأدرجت
القناة
سهرة
المجموعة
ضمن
برامجها،
بل وقدمت
إعادة
للسهرة بعد
الاختتام،
في حين أن
سخرية
الأقدار
دفعت
القناة
الأولى (إتم)
إلى برمجة
تسجيلات
لجميع
السهرات،
باستثناء
سهرة فرقة
إزنزارن،
علما أنها
حققت
إقبالا
جماهيريا
أثار دهشة
المنظمين
العرب
حينها.
وتزداد
غابة
الأسئلة
كثافة
عندما نجد
القناة
الثانية لا
تبدي أي
مجهود
للتعريف
بالمجموعة،
وكأن
الجميع
يحاول
إخفاء هذه
القضية تحت
السجادة ...
رغم أن هناك
مصادر تقول
إن القناة
في خضم
اتصالات مع
رئيس
المجموعة
عبد الهادي
إكوت،
اتصالات
مازال
يشوبها
الغموض
والتكتم.
مجموعة
إزنزارن
(الأشعة)
تأسست سنة 1972
على أيدي
إبراهيم
طالبي وعبد
الهادي
إكوت ولحسن
بوفرتل،
وكان هؤلاء
من خريجي
"جوق النهضة
السوسية"،
وفي حدود 1976
أصدرت
المجموعة
أول
أشرطتها
وقدمت
أغنيتها
المشهورة
"إمي حنا"
(أمي
الحنون)،
أغنية
رددها
الجمهور
الأمازيغي
وغير
الأمازيغي.
واعتمدت
إزنزارن
الوضوح في
معالجة
القضايا
والتيمات
الإنسانية
كأهم
مقومات
عملها
الفني
والموسيقي،
من خلال
هاجس
إنساني
يراهن على
الزمان كخط
تحريري
إبداعي،
وعلى
المكان
كحقل شاعري
ووجداني
عريق،
فجاءت
أغاني
المجموعة
في قالب من
البساطة
الاستيعارية
وأصالة
اللغة
والإيقاع
الأمازيغي
الداعي إلى
التأمل
والتفكر.
ولعل الأمر
الذي لا
تشوبه
شائبة إلا
بقدر ما
يلزم
الوردة
الجميلة من
الشوك، هو
أن أغلب
قصائد
إزنزارن
الغنائية
ترسم لوحة
قاتمة
للواقع
اليومي
المعيش،
بطريقة
تلامس
عبرها
الانكسار
الذاتي
والرفض
والتشاؤم،
إلى درجة
تعجز فيه
الدموع عن
مواجهة
سوداوية
وظلم هذا
البعد
الاجتماعي
والإنساني.
أبدا ... لا
توجد قطيعة
بين
الإعلام
الوطــــني
ومجموعة
إزنزارن،
فالقطيعة
تأتي دائما
بعد
الألفــــــــة،
ما يوجد هو
جدار من
الجلـــــــــيد
لا يعمل أحد
على
إذابته.
yuba
يوبا
ITRAN
AZAL son nouvelle album
Né à
Dcheira, Yuba passe son enfance dans cette petite bourgade
près d’Agadir (Sud du Maroc). Touché par la
position marginale de sa culture amazighe, il rejoint le mouvement
de revendication identitaire pour contribuer, à sa
manière, à la défense et à la promotion
de cette culture millénaire. Il commence alors à
écrire de la poésie en amazigh (berbère), pour
signifier son attachement à son identité
première, avant d’être tenté par la
musique. Convaincu de la place privilégiée de la
musique dans le chemin de la lutte, il commence à jouer la
guitare et monte un groupe de musique dans lequel se distingue le
bassiste, Jamal Boumadkar. Malgré plusieurs interdictions
par les autorités marocaines, Yuba donne de nombreux
concerts durant plusieurs années et se fait ainsi
connaître auprès d’un large
public.
La musique de Yuba est
basée sur des mélodies intenses et des paroles
traitant de l’injustice, de l’espoir et des droits de
l’Homme. Son premier album, Tawargit (Rêve, en amazigh)
dont il est l’auteur, le compositeur et
l’interprète, connaît un succès
prometteur à travers le Maroc.
Adepte d’un style
musical qu’il nomme " Amarg Music ", il souhaite sauvegarder
les bases africaines de la musique amazighe.
source :
azawan.com
AMMOURI
M’BAREK
AMMOURI
M’BAREK LE CHANTEUR DU RENOUVEAU
Ammouri Mbark,
considéré comme le rénovateur de
la chanson amazighe marocaine, est né en 1951 à
Irguiten, un petit village situé au pied du Haut Atlas,
à proximité de Taroudant. Berger, il chantonne
déjà, en faisant paître le troupeau familial
sur les crêtes et les champs avoisinants. À
l’âge de huit ans, le décès brutal de ses
parents le contraint à quitter son village et le mène
à l’orphelinat de Taroudant. Il y poursuit des
études en français et en arabe qui lui font perdre
l’usage de sa langue maternelle.
Il rencontre au
lycée des jeunes assoiffés de musique et
imprégnés des influences des groupes musicaux
anglo-saxons. Ils forment vers 1969 un petit groupe, les birds, et
chantent en français. À la fin des années
soixante, il quitte Taroudant pour travailler à Agadir.
À cette époque, le groupe arabophone Nass Al Ghiwane
impose son rythme et influence considérablement le
développement de groupes de musique dite populaire. Ammouri
Mbark rejoint des amis à Tiznit. Ils forment un nouveau
groupe, The Souss Five, et chantent en arabe.
Mais le hasard des
rencontres réconcilie Ammouri Mbark avec les chants
hérités de ses pâturages d’enfance. Lors
d’une fête privée, il rencontre un responsable
de L’AMREC (l’Association marocaine de recherche et
d’échanges culturels, une association culturelle
amazighe). Celui-ci l’invite à venir à Rabat
pour contribuer à une expérience de renouvellement de
la musique amazighe, initiée par des adhérents de
l’AMREC. Le groupe qui portera le nom Ousman (Éclairs)
est né.
Après cinq
années de succès qui le mènent sur les
scènes européennes (Olympia de Paris, Palais des
Beaux-Arts à Bruxelles et Palais d’hiver à
Lyon), Ousman se dissout en 1978. Ammouri Mbark, le soliste vocal
d’Ousman et son mélodiste, poursuit une
carrière en solo et enregistre rapidement sa première
cassette : "Tazwit nera nek dim a nmun" (Abeille, je veux
être ton compagnon de chemin) dont les paroles sont du
poète Mohamed Moustaoui.
Tout au long de son
itinéraire musical, Ammouri Mbark ne cesse d’innover
et d’explorer des rythmes traditionnels et modernes. Il
interprète les textes des grands poètes contemporains
amazighs : Azayko, Moustaoui, Akhiyyat... Dans les
thèmes récurrents chantés par Ammouri Mbark,
on trouve l’identité amazighe, l’amour,
l’errance et l’exil (d’après azawan.com).
Lors du premier Festival de la chanson marocaine tenu en 1985
à Mohammedia, il a décroché le 3e prix en
interprétant un poème de Ali Azayko "Gennevilliers".
Ammouri Mbarek est devenu ainsi le premier chanteur amazighe
à chanter devant un orchestre moderne. Son répertoire
comporte dix cassettes audio, sans oublier les deux
enregistrées avec le groupe Ousman. Sa dernière
collaboration avec Ali Chouhad, l’érudit chanteur
poète du groupe Archach, a été un
succès. Un de plus qui permet à Ammouri de rester en
contact avec son large public, qui n’a pas oublié
"Tayyuga", "Tayri n tudert", "Mqqar mqqar", "Gix adrar", "Talalit n
wussan", "Mamenk ur yalla", "Talalit", "Urti n lluz", "Taghlaghal"
ou encore "Adjar n tudert".
IZENZAREN
CHAMKH
ABDELAZIZ CHAMKH
La carrière de
Aziz CHAMKH a débuté en 1960 au sein du groupe
TABRAYNOUSSTE très connu à l’époque, ils
furent les pionniers du renouveau de la musique berbère. En
1962, il fonde le groupe LAKDAM (ancêtre du groupe IZENZAREN)
avec RABA Mohamed, HANAFI Mohamed, BALLA Mohamed, BOUYI
Mohamed,CHARYI et quelques autres. Ce fut le premier groupe chleuh
à moderniser la musique berbère avec des instruments
inconnus à l’époque tel que le banjo ou le
violon. LAKDAM est connu pour les titres « Dounit
Tzri », « Waditmoudoune », un
grand nombre de leurs titres furent plus tard repris par le groupe
IZENZAREN.
Le groupe finit par se
séparer et Aziz CHAMKH fonde en compagnie de Lahcen FARTAL,
MOULAY Brahim, IGOUT Abdelhadi, DA ALI le groupe IZENZAREN sans
HANAFI Mohamed et les autres membres qui restèrent au sein
du groupe LAKDAM. Fin 1974, le groupe IZENZAREN se
sépare. IGOUT Abdelhadi renoue avec les membres du groupe
LAKDAM (séparé à la même époque)
avec cette fois le poète HANAFI Mohamed auteur de toutes les
chansons du groupe IZENZAREN.
Aziz CHAMKH, quant
à lui fonde le groupe IZENZAREN CHAMKH, ils furent les
premiers à reprendre les titres de HADJ BELAID et à
faire découvrir ce grand poète et illustre chanteur
de la musique berbère.
Le répertoire de
Aziz CHAMKH est impressionnant, il a côtoyé tous les
grands noms de la musique berbère et a notamment joué
avec Saïd ACHTOUK, Mohamed DEMCIRI, Omar WAHROUCH, il est
aussi le premier artiste à écrire en Tifinagh sur les
pochettes de ses albums.
En 1983/84, il fait
débuté celui qui deviendra un nom incontournable sur
la scène musicale berbère, le jeune Hassan IDBASSAID,
avec qui il a joué en duo lors de nombreux concerts et
soirées toujours accompagné de son banjo et de son
violon. Ils enregistrèrent ensemble le titre
« WAROUYYD ISROUTINN ».
Aziz CHAMKH est un
grand nom de la musique berbère, il fait partie de ceux qui
ont fait aimer et découvrir la musique berbère
à plusieurs générations de jeunes et de moins
jeunes amoureux de leur culture.
Propos recueilli par
Lahcen, nous remercions chaleureusement Monsieur Aziz
CHAMKH.
Mbark
ayssar
Mbark ayssar, un grand rrays
Tout ce que je sais de
cet homme c’est qu’il est originaire, et là je
me fie à son accent, d’Ihahan ou Idaw Tanan. Il a
commencé sa carrière à faire des spectacles
publics à Inzeggan (elhalqt) avant d’être
remarqué par les producteurs.
Il a commencé
à enregistrer et le succès n’a pas tardé
à venir. Pendant plusieurs années, Mbark Aysar a
été une star reconnue. Les gens se
l’arrachaient pour l’inviter à chanter chez eux,
surtout lors des mariages.
Le style Mbark ayssar
est très rythmé et léger. On n’a pas
à affaire avec lui à de longues chansons comme
c’est le cas avec Albensir à titre
d’exemple.
Bien plus, les groupes
modernes du Souss ont polarisé ses chansons en les
reprenant. Ce qui n’a fait que le rendre davantage
célèbre.
Notre chanteur est
atteint d’un handicap depuis son jeune âge. En fait, il
aveugle. C’est pour cela qu’il met toujours des
lunettes de soleil, et est toujours assis. Contrairement aux autres
rways.
Il est aussi
très porté sur la bouteille. C’est un buveur
invétéré. D’ailleurs, il y a quelques
années de cela, à Achtouken, il est tombé de
la scène à cause bien évidemment d’une
surconsommation de l’alcool. Mais cela ne diminue en rien son
immense talent.
Malheureusement, la
santé n’est plus ce qu’il était. Notre
grand rrays est très malade. Même si les
dernières nouvelles sont un peu rassurantes. Pour lui venir
en aide, les amoureux de sa musique ont organisé un grand
spectacle en son honneur.
Son âge doit
tourner autour de la cinquantaine pour ne pas dire la
soixantaine.
Espérons que
Rrays Mbark Aysar va encore rester longtemps parmi nous pour nous
gratifier avec ses compostions musicales incomparables. Même
si la relève est assurée en la personne de son propre
fils qui s’est mis lui aussi à
chanter.
Voici quelques unes de
ses chansons les plus
célèbres :
Fatima
Tabaâmrant
فاطمة
تبعمرانت
C’est dans sa maison de
Dchira à une dizaine de kilomètres de la ville
d’Agadir, au milieu de sa famille, que Rayssa Fatima
Tabaâmrant nous a reçu. Selon Mohamed El Khatabi,
président de la section régionale du syndicat
marocain des professions musicales, qui assistaient à notre
entretien, Rayssa Tabaâmrant a appris le
« métier » de ses maîtres
aujourd’hui décédés, Saîd Achtouk
et El Hadj Mohamad Demsiri.
Qui est Rayssa Fatima
Tabaâmrant ?
J’appartiens à la tribu des
Aït Baâmrane. Mon enfance n’a pas
été heureuse. J’ai très tôt perdu
ma mère et j’étais obligée de vivre
entre ma belle-mère et mes tantes. Mais grâce à
Dieu, j’ai pu surmonter tous les problèmes. Cependant,
le décès de ma mère m’a beaucoup
marqué. Ma première chanson était pour elle et
sur sa vie. Cette chanson m’a permis d’exprimer ma
douleur et mes souffrances. J’avais alors l’âge
de 13 ans.
Ce thème est présent
dans toutes mes créations artistiques, car je
considère que l’orphelin reste, du point de vue
sentimental, toujours un enfant. Mon premier album dans ce sens, je
l’ai enregistré en 1985. J’ai appris à
lire et à écrire grâce au journaliste
correspond du journal « Assahra Al
Maghribia », M. Rachid Abdelouahed, qui m’a
offert l’opportunité de prendre contact avec les
associations.
Un grand tableau portrait d’El Hadj
Belaîd est accroché au mur du salon des hôtes.
Que représente pour vous feu El Hadj Belaîd ?
El Hadj Belaîd est le père
spirituel de l’art et de la chanson classique amazighe dans
la région du Souss. Il était connu par son
patriotisme à l’époque de la colonisation. Ses
chansons étaient très engagées. El Hadj
Belaîd était à la fois l’un des grands
compositeurs, paroliers et chanteurs de la région. Le
contenu de ses poèmes classiques m’a beaucoup
aidé dans la valorisation de mes morceaux musicaux
enregistrés jusqu’à présent. Vous savez
que la parole ciblée reste gravée dans les
mémoires tandis que la composition disparaît
rapidement. Malheureusement, on constate que l’art est
vidé de son contenu. Il est devenu une matière
commerciale.
Quand avez-vous été consciente
pour la première fois de ce rôle important de la
parole ?
Dans la composition de mes chansons, je me suis
basée sur la poésie classique amazighe. En
m’écoutant, les gens se retrouvent dans ce genre de
poésie qui narre les paroles d’un tel ou tel
patriarche amazigh. Ils trouvent tous les instants de leur vie dans
la chanson. J’ai toujours pris pour exemple les gens qui
m’ont précédé dans
l’écriture de la poésie. J’ai beaucoup
appris de mon frère le grand artiste Ammouri Mbark.
Professeur de musique, il compose de la musique moderne en
employant une méthode traditionnelle. El Hadj Mohamad
Demsiri, que Dieu ait son âme, reste mon idole dans la
recherche de tout ce que recèle la culture amazighe, qui
m’est très proche. Entre nous, il existe une relation
profonde. J’ai souvent exprimer mes sentiments réels
à travers des vers poétiques.
Au début de votre carrière,
avez-vous affronté des difficultés à ce que
vous ne chantiez pas ?
Le groupe
Massinissa
Depuis sa
création en 1994 à Dcheira dans la banlieue
oubliée d’Agadir, où la marginalisation, la
pauvreté et le chômage règnent, une jeune et
talentueuse génération d’artistes a vu le
jour : MASSINISSA est un groupe de chanteurs et de musiciens
qui a commencé à s’affirmer en tant que style
.
Composée de
trois membres constants : Abdellah Chafiq, Larbi Bouzrab et
Aissa Habboune ... le nom de MASSINISSA rayonne déjà
dans le ciel de la chanson, avec des moyens rudimentaires, un style
époustouflant, des voix tendres qui bercent notre
identité congédiée et des poèmes qui
dénoncent sérieusement la condition alarmante des
Imazighen à travers l’Afrique du
Nord.
La jeune formation
MASSINISSA puise son originalité dans le patrimoine
artistique du SOUSS (plaine entre le haut atlas et
l’anti-atlas) tout en s’inspirant des autres styles
musicaux amazighs du Maroc et d’ailleurs, sa mission
étant la promotion de la chanson, la modernisation n’a
jamais été consenti par les membres de la formation
comme une aliénation mais une ouverture vers
l’universel, ... , puisque la chanson est un langage sans
frontière.
Lors des
activités auxquelles elle prend part,Massinissa attire un
large public de jeunes assoiffés de la chanson
engagée ,qui parle de ses soucis de ses peines et
déceptions mais qui ressuscite en lui l’espoir
d’une Tamazgha unifiée ,où Imazighen vivraient
dignement sur leur terre.
Source :
massinissa.africa-web.org
Albensir
Mohamed Albensir (dit
Damsiri) est l’un des plus grands rways
contemporains.
Ce fils de boucher est
né en 1937 à Tamsoult, dans le territoire des
Ilbensiren (Haut-Atlas occidental). Il a le parcours classique de
tout jeune Amazigh du Sud du Maroc (école coranique,
randonnées pastorales derrière le cheptel familial)
mais il est happé très jeune par le monde de la
poésie et de la musique. Il fait preuve dans les
cérémonies d’ahwach d’un don
poétique exceptionnel. Il tient ainsi tête dans les
asays (place villageoise où s’exécute
l’ahwach) aux plus grands poètes de sa région.
Fort de cette expérience, il rejoint en 1958 les troupes des
chanteurs Amentag et Ahrouch. Il s’attache alors à
mieux maîtriser la vielle monocorde ribab qui
caractérise la tradition des Rways.
Après quelques
années d’exil en Allemagne (1961-1964), il retourne au
Maroc pour devenir chanteur professionnel. Dès 1965, il
commence à enregistrer des albums. En 1969, un terrible
accident de la route le rend paraplégique. Il
s’installe alors à Casablanca auprès de la plus
importante communauté émigrée chleuh.
Composant et chantant en tachelhit, il acquiert une renommée
au sein de sa communauté et parmi les auditeurs de la
section « dialectale » (qism allahajat) de la
radio nationale. Il chante, à côté de
thèmes sociaux et affectifs, sa colère de
l’attitude méprisante des autorités envers les
Amazighs et leur culture.
La contestation a
marqué la trajectoire poétique et militante
d’Albensir. Il a certes chanté, au début de sa
carrière, la gloire de la monarchie et de la nation, mais en
vain : l’indifférence des représentants de
la « nation » chantée et
glorifiée le conduit à prendre conscience de la
position dominée et marginale de son métier et,
partant, de sa culture amazighe. Devant le mépris
opposé à son art, Albensir ne se résigne pas.
Il passe à la révolte et exprime dans un langage
clair son attachement à sa culture natale.
Selon lui, le pouvoir
n’est pas simplement indifférent, il est aussi
aliéné puisqu’il ne reconnaît de la
chanson que celle exprimée en arabe par des nationaux ou des
Égyptiens comme Abdelhalim Hafiz et Abdelawah. Cette
attitude ravive chez lui le sentiment douloureux de la
marginalité. L’État, chante-t-il, ignore les
chanteurs chleuhs dont il se sent le porte-parole. Il ne
« nous » réserve, poursuit-il,
qu’une mort indigne et silencieuse dans les marges de la
cité comme des chiens errants (zun d igh immut uydi gh
umedduz). L’humoriste chleuh Abdallah Anidif résume
ainsi la place de la culture amazighe dans les média :
Tumêz tcelhît gh lidaàa uncek lli tamêz
lebcklît gh ccanti (la place qu’occupe tachelhit
à la radio est la même que celle d’une
bicyclette sur la route).
Loin d’abandonner
sa « petite tradition » poétique pour
s’intégrer dans la « haute
culture » imposée, Albensir est le premier rrays
à chanter la langue amazighe. Il déclare ainsi son
inscription dans la marginalité :
Ahwach,
danse du pays chleuh
|
 |
 |
. L’Ahouach est
à la fois le nom générique donné
à la musique de village et le nom d’une danse typique
du pays chleuh (Haut-Atlas, Anti-Atlas et Souss). Se pratiquant
à l’occasion de toutes les célébrations
collectives, ce sont des villageois volontaires qui en assurent
l’exécution. C’est une danse mixte
précédée d’un chant dialogué, une
sorte de joute appelé l’msaq
Les chants et la
musique sont le moyen d’expression le plus explicite dont
disposent les Berbères des hautes vallées marocaines.
Le chant et la danse sont pratiquement inséparables. Les
éléments de cet art sont le rythme, la mélodie
et la chorégraphie. Il y a dans nos montagnes des meneurs de
jeu, des rwaïss (chefs de chant) particulièrement
dynamiques, tel celui dont Florent Schmitt disait, en le voyant
évoluer sur le front de ses cinquante choristes, le
tambourin levé, le geste altier : "Cet homme est un
chef d’orchestre né, il surpasserait Toscanini." Dans
les chants berbères, le tempérament est
l’essentiel. La culture et l’art ne sont que des moyens
au service du génie. A travers toute la musique
berbère, le rythme est la base
fondamentale.
Un thème
poétique est proposé, une phrase est
lancée : "Les cœurs de tous les hommes doivent
aspirer au bonheur." "L’amour doit être le thème
de la vie de notre tribu". Là-dessus, le thème
musical se brode, très simple, rustique, sur deux ou trois
notes, de sorte qu’il s’agit beaucoup plus d’une
déclamation, d’une mélopée
extrêmement fruste. Le rythme aussitôt s’en
empare, lui donne une forme, une structure rigide que la danse va
rendre visible, plastique, efficiente. Très souvent
c’est une cérémonie nocturne organisée
à l’abri de ces constructions en pisé que sont
les casbahs aux tours audacieuses qui défient le ciel et
dominent la vallée. Et voici que les cours
s’emplissent d’ombres et de murmures, un feu de
branches légères flambe pour réchauffer la
peau des tambourins qui vont vibrer toute la nuit dans le silence
de la vallée, et la flamme éclaire les beaux visages
souriants des jeunes filles berbères. Des silhouettes
fantastiques animent les murs crénelés qui se perdent
dans la nuit. Au crépitement du bois répond la
vibration sourde des tambourins.
Les danseuses de
l’ahouach, aux longues robes de soie, aux coiffures
multicolores, prennent rang dans la ronde, alors qu’au
centre, près du feu, sont assis une douzaine d’hommes,
tous munis d’un bendir (grand tambourin rustique) qui
résonne maintenant comme une cymbale. Une voix
s’élève, rude, étranglée,
suraiguë : un chanteur propose un thème qui se
cherche, hésite, repart. Il jette une sorte d’appel
vers l’espace, puis s’écoute, se recueille dans
le grave, s’élance tout à coup vers les cimes
en bondissant, et s’arrête soudain comme
épuisé. Mais déjà un second chanteur
reprend la cantilène ébauchée. La
mélodie, encore sans relief, précise sa ligne.
C’est l’msaq. Pour les gens du pays, c’est ce
chant dialogué qui est la partie la plus
appréciée et aussi la plus difficile à
réussir. C’est également la plus surprenante
par son originalité pour les spectateurs non
initiés.
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