milleurs chansons amazigh avec igot abdelhadi et groupe izanzarn  posté le vendredi 15 juin 2007 17:41


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milleurs chansons amazigh avec igot abdelhadi et groupe izanzarn  posté le vendredi 15 juin 2007 18:32


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milleurs chansons amazigh avec igot abdelhadi et groupe izanzarn ..histoirs d'art amazigh  posté le vendredi 15 juin 2007 18:46


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إارنزنز
إزنزارن : الوشم المفقود للأغنية الأمازيغية

تلوك حاليا عدة ألسنة احتمال لقاء إعلامي قد يجمع القناة الثانية (2M) بمجموعة إزنزارن الغنائية، وقد ظلت هذه المجموعة الأمازيغية من الناحية الإعلامية كالشبح الحاضر الغائب، وكأن المشاهد المغربي ينتظر متى يسقط القمر في البئر، ليتابع إحدى قنواتنا تستضيف إزنزارن بإحدى سهراتها التلفزيونية. وبصمت المجموعة، طيلة فترة القطيعة والتهميش الإعلامي،الساحة الغنائية عبر مسيرة فنية حافلة ومشاركات متميزة في السهرات والمهرجانات الموسيقية والثقافية المختلفة. ففي وثيقة ميلاد جديدة كتبتها فرقة إزنزارن، أوضحت أنها غنت بالقصر الملكي سنة 1983 أمام الملك الراحل الحسن الثاني، الذي استقدم المجموعة من أكادير إلى الرباط عبر طائرة خاصة، وأعجب الملك حينها بأغانيهم وترانيمهم، بل رفع الكلفة وخلق الألفة وساير إيقاع الموسيقى الأمازيغية مع المجموعة. كما شاركت إزنزارن في مهرجان أكادير (2001) الذي نظمته القناة الفضائية "إي آر تي"، وأدرجت القناة سهرة المجموعة ضمن برامجها، بل وقدمت إعادة للسهرة بعد الاختتام، في حين أن سخرية الأقدار دفعت القناة الأولى (إتم) إلى برمجة تسجيلات لجميع السهرات، باستثناء سهرة فرقة إزنزارن، علما أنها حققت إقبالا جماهيريا أثار دهشة المنظمين العرب حينها. وتزداد غابة الأسئلة كثافة عندما نجد القناة الثانية لا تبدي أي مجهود للتعريف بالمجموعة، وكأن الجميع يحاول إخفاء هذه القضية تحت السجادة ... رغم أن هناك مصادر تقول إن القناة في خضم اتصالات مع رئيس المجموعة عبد الهادي إكوت، اتصالات مازال يشوبها الغموض والتكتم. مجموعة إزنزارن (الأشعة) تأسست سنة 1972 على أيدي إبراهيم طالبي وعبد الهادي إكوت ولحسن بوفرتل، وكان هؤلاء من خريجي "جوق النهضة السوسية"، وفي حدود 1976 أصدرت المجموعة أول أشرطتها وقدمت أغنيتها المشهورة "إمي حنا" (أمي الحنون)، أغنية رددها الجمهور الأمازيغي وغير الأمازيغي. واعتمدت إزنزارن الوضوح في معالجة القضايا والتيمات الإنسانية كأهم مقومات عملها الفني والموسيقي، من خلال هاجس إنساني يراهن على الزمان كخط تحريري إبداعي، وعلى المكان كحقل شاعري ووجداني عريق، فجاءت أغاني المجموعة في قالب من البساطة الاستيعارية وأصالة اللغة والإيقاع الأمازيغي الداعي إلى التأمل والتفكر. ولعل الأمر الذي لا تشوبه شائبة إلا بقدر ما يلزم الوردة الجميلة من الشوك، هو أن أغلب قصائد إزنزارن الغنائية ترسم لوحة قاتمة للواقع اليومي المعيش، بطريقة تلامس عبرها الانكسار الذاتي والرفض والتشاؤم، إلى درجة تعجز فيه الدموع عن مواجهة سوداوية وظلم هذا البعد الاجتماعي والإنساني. أبدا ... لا توجد قطيعة بين الإعلام الوطــــني ومجموعة إزنزارن، فالقطيعة تأتي دائما بعد الألفــــــــة، ما يوجد هو جدار من الجلـــــــــيد لا يعمل أحد على إذابته.

yuba يوبا

ITRAN AZAL son nouvelle album


Né à Dcheira, Yuba passe son enfance dans cette petite bourgade près d’Agadir (Sud du Maroc). Touché par la position marginale de sa culture amazighe, il rejoint le mouvement de revendication identitaire pour contribuer, à sa manière, à la défense et à la promotion de cette culture millénaire. Il commence alors à écrire de la poésie en amazigh (berbère), pour signifier son attachement à son identité première, avant d’être tenté par la musique. Convaincu de la place privilégiée de la musique dans le chemin de la lutte, il commence à jouer la guitare et monte un groupe de musique dans lequel se distingue le bassiste, Jamal Boumadkar. Malgré plusieurs interdictions par les autorités marocaines, Yuba donne de nombreux concerts durant plusieurs années et se fait ainsi connaître auprès d’un large public.

La musique de Yuba est basée sur des mélodies intenses et des paroles traitant de l’injustice, de l’espoir et des droits de l’Homme. Son premier album, Tawargit (Rêve, en amazigh) dont il est l’auteur, le compositeur et l’interprète, connaît un succès prometteur à travers le Maroc.

Adepte d’un style musical qu’il nomme " Amarg Music ", il souhaite sauvegarder les bases africaines de la musique amazighe.

source : azawan.com

AMMOURI M’BAREK


 

AMMOURI M’BAREK LE CHANTEUR DU RENOUVEAU


Ammouri Mbark, considéré comme le rénovateur de la chanson amazighe marocaine, est né en 1951 à Irguiten, un petit village situé au pied du Haut Atlas, à proximité de Taroudant. Berger, il chantonne déjà, en faisant paître le troupeau familial sur les crêtes et les champs avoisinants. À l’âge de huit ans, le décès brutal de ses parents le contraint à quitter son village et le mène à l’orphelinat de Taroudant. Il y poursuit des études en français et en arabe qui lui font perdre l’usage de sa langue maternelle.

Il rencontre au lycée des jeunes assoiffés de musique et imprégnés des influences des groupes musicaux anglo-saxons. Ils forment vers 1969 un petit groupe, les birds, et chantent en français. À la fin des années soixante, il quitte Taroudant pour travailler à Agadir. À cette époque, le groupe arabophone Nass Al Ghiwane impose son rythme et influence considérablement le développement de groupes de musique dite populaire. Ammouri Mbark rejoint des amis à Tiznit. Ils forment un nouveau groupe, The Souss Five, et chantent en arabe.

Mais le hasard des rencontres réconcilie Ammouri Mbark avec les chants hérités de ses pâturages d’enfance. Lors d’une fête privée, il rencontre un responsable de L’AMREC (l’Association marocaine de recherche et d’échanges culturels, une association culturelle amazighe). Celui-ci l’invite à venir à Rabat pour contribuer à une expérience de renouvellement de la musique amazighe, initiée par des adhérents de l’AMREC. Le groupe qui portera le nom Ousman (Éclairs) est né.

Après cinq années de succès qui le mènent sur les scènes européennes (Olympia de Paris, Palais des Beaux-Arts à Bruxelles et Palais d’hiver à Lyon), Ousman se dissout en 1978. Ammouri Mbark, le soliste vocal d’Ousman et son mélodiste, poursuit une carrière en solo et enregistre rapidement sa première cassette : "Tazwit nera nek dim a nmun" (Abeille, je veux être ton compagnon de chemin) dont les paroles sont du poète Mohamed Moustaoui.

Tout au long de son itinéraire musical, Ammouri Mbark ne cesse d’innover et d’explorer des rythmes traditionnels et modernes. Il interprète les textes des grands poètes contemporains amazighs : Azayko, Moustaoui, Akhiyyat... Dans les thèmes récurrents chantés par Ammouri Mbark, on trouve l’identité amazighe, l’amour, l’errance et l’exil (d’après azawan.com). Lors du premier Festival de la chanson marocaine tenu en 1985 à Mohammedia, il a décroché le 3e prix en interprétant un poème de Ali Azayko "Gennevilliers". Ammouri Mbarek est devenu ainsi le premier chanteur amazighe à chanter devant un orchestre moderne. Son répertoire comporte dix cassettes audio, sans oublier les deux enregistrées avec le groupe Ousman. Sa dernière collaboration avec Ali Chouhad, l’érudit chanteur poète du groupe Archach, a été un succès. Un de plus qui permet à Ammouri de rester en contact avec son large public, qui n’a pas oublié "Tayyuga", "Tayri n tudert", "Mqqar mqqar", "Gix adrar", "Talalit n wussan", "Mamenk ur yalla", "Talalit", "Urti n lluz", "Taghlaghal" ou encore "Adjar n tudert".

IZENZAREN CHAMKH

ABDELAZIZ CHAMKH


La carrière de Aziz CHAMKH a débuté en 1960 au sein du groupe TABRAYNOUSSTE très connu à l’époque, ils furent les pionniers du renouveau de la musique berbère. En 1962, il fonde le groupe LAKDAM (ancêtre du groupe IZENZAREN) avec RABA Mohamed, HANAFI Mohamed, BALLA Mohamed, BOUYI Mohamed,CHARYI et quelques autres. Ce fut le premier groupe chleuh à moderniser la musique berbère avec des instruments inconnus à l’époque tel que le banjo ou le violon. LAKDAM est connu pour les titres « Dounit Tzri », « Waditmoudoune », un grand nombre de leurs titres furent plus tard repris par le groupe IZENZAREN.

Le groupe finit par se séparer et Aziz CHAMKH fonde en compagnie de Lahcen FARTAL, MOULAY Brahim, IGOUT Abdelhadi, DA ALI le groupe IZENZAREN sans HANAFI Mohamed et les autres membres qui restèrent au sein du groupe LAKDAM.  Fin 1974, le groupe IZENZAREN se sépare. IGOUT Abdelhadi renoue avec les membres du groupe LAKDAM (séparé à la même époque) avec cette fois le poète HANAFI Mohamed auteur de toutes les chansons du groupe IZENZAREN.

Aziz CHAMKH, quant à lui fonde le groupe IZENZAREN CHAMKH, ils furent les premiers à reprendre les titres de HADJ BELAID et à faire découvrir ce grand poète et illustre chanteur de la musique berbère.

Le répertoire de Aziz CHAMKH est impressionnant, il a côtoyé tous les grands noms de la musique berbère et a notamment joué avec Saïd ACHTOUK, Mohamed DEMCIRI, Omar WAHROUCH, il est aussi le premier artiste à écrire en Tifinagh sur les pochettes de ses albums.

En 1983/84, il fait débuté celui qui deviendra un nom incontournable sur la scène musicale berbère, le jeune Hassan IDBASSAID, avec qui il a joué en duo lors de nombreux concerts et soirées toujours accompagné de son banjo et de son violon. Ils enregistrèrent ensemble le titre « WAROUYYD ISROUTINN ».

Aziz CHAMKH est un grand nom de la musique berbère, il fait partie de ceux qui ont fait aimer et découvrir la musique berbère à plusieurs générations de jeunes et de moins jeunes amoureux de leur culture.

Propos recueilli par Lahcen, nous remercions chaleureusement Monsieur Aziz CHAMKH.

Mbark ayssar

Mbark ayssar, un grand rrays

Tout ce que je sais de cet homme c’est qu’il est originaire, et là je me fie à son accent, d’Ihahan ou Idaw Tanan. Il a commencé sa carrière à faire des spectacles publics à Inzeggan (elhalqt) avant d’être remarqué par les producteurs.

Il a commencé à enregistrer et le succès n’a pas tardé à venir. Pendant plusieurs années, Mbark Aysar a été une star reconnue. Les gens se l’arrachaient pour l’inviter à chanter chez eux, surtout lors des mariages.

Le style Mbark ayssar est très rythmé et léger. On n’a pas à affaire avec lui à de longues chansons comme c’est le cas avec Albensir à titre d’exemple.

Bien plus, les groupes modernes du Souss ont polarisé ses chansons en les reprenant. Ce qui n’a fait que le rendre davantage célèbre.

Notre chanteur est atteint d’un handicap depuis son jeune âge. En fait, il aveugle. C’est pour cela qu’il met toujours des lunettes de soleil, et est toujours assis. Contrairement aux autres rways.

Il est aussi très porté sur la bouteille. C’est un buveur invétéré. D’ailleurs, il y a quelques années de cela, à Achtouken, il est tombé de la scène à cause bien évidemment d’une surconsommation de l’alcool. Mais cela ne diminue en rien son immense talent.

Malheureusement, la santé n’est plus ce qu’il était. Notre grand rrays est très malade. Même si les dernières nouvelles sont un peu rassurantes. Pour lui venir en aide, les amoureux de sa musique ont organisé un grand spectacle en son honneur.

Son âge doit tourner autour de la cinquantaine pour ne pas dire la soixantaine.

Espérons que Rrays Mbark Aysar va encore rester longtemps parmi nous pour nous gratifier avec ses compostions musicales incomparables. Même si la relève est assurée en la personne de son propre fils qui s’est mis lui aussi à chanter.

Voici quelques unes de ses chansons les plus célèbres :

Fatima Tabaâmrant

فاطمة تبعمرانت

C’est dans sa maison de Dchira à une dizaine de kilomètres de la ville d’Agadir, au milieu de sa famille, que Rayssa Fatima Tabaâmrant nous a reçu. Selon Mohamed El Khatabi, président de la section régionale du syndicat marocain des professions musicales, qui assistaient à notre entretien, Rayssa Tabaâmrant a appris le « métier » de ses maîtres aujourd’hui décédés, Saîd Achtouk et El Hadj Mohamad Demsiri.

-  Qui est Rayssa Fatima Tabaâmrant ?

-  J’appartiens à la tribu des Aït Baâmrane. Mon enfance n’a pas été heureuse. J’ai très tôt perdu ma mère et j’étais obligée de vivre entre ma belle-mère et mes tantes. Mais grâce à Dieu, j’ai pu surmonter tous les problèmes. Cependant, le décès de ma mère m’a beaucoup marqué. Ma première chanson était pour elle et sur sa vie. Cette chanson m’a permis d’exprimer ma douleur et mes souffrances. J’avais alors l’âge de 13 ans.

Ce thème est présent dans toutes mes créations artistiques, car je considère que l’orphelin reste, du point de vue sentimental, toujours un enfant. Mon premier album dans ce sens, je l’ai enregistré en 1985. J’ai appris à lire et à écrire grâce au journaliste correspond du journal « Assahra Al Maghribia », M. Rachid Abdelouahed, qui m’a offert l’opportunité de prendre contact avec les associations.

-  Un grand tableau portrait d’El Hadj Belaîd est accroché au mur du salon des hôtes. Que représente pour vous feu El Hadj Belaîd ?

-  El Hadj Belaîd est le père spirituel de l’art et de la chanson classique amazighe dans la région du Souss. Il était connu par son patriotisme à l’époque de la colonisation. Ses chansons étaient très engagées. El Hadj Belaîd était à la fois l’un des grands compositeurs, paroliers et chanteurs de la région. Le contenu de ses poèmes classiques m’a beaucoup aidé dans la valorisation de mes morceaux musicaux enregistrés jusqu’à présent. Vous savez que la parole ciblée reste gravée dans les mémoires tandis que la composition disparaît rapidement. Malheureusement, on constate que l’art est vidé de son contenu. Il est devenu une matière commerciale.

-  Quand avez-vous été consciente pour la première fois de ce rôle important de la parole ?

-  Dans la composition de mes chansons, je me suis basée sur la poésie classique amazighe. En m’écoutant, les gens se retrouvent dans ce genre de poésie qui narre les paroles d’un tel ou tel patriarche amazigh. Ils trouvent tous les instants de leur vie dans la chanson. J’ai toujours pris pour exemple les gens qui m’ont précédé dans l’écriture de la poésie. J’ai beaucoup appris de mon frère le grand artiste Ammouri Mbark. Professeur de musique, il compose de la musique moderne en employant une méthode traditionnelle. El Hadj Mohamad Demsiri, que Dieu ait son âme, reste mon idole dans la recherche de tout ce que recèle la culture amazighe, qui m’est très proche. Entre nous, il existe une relation profonde. J’ai souvent exprimer mes sentiments réels à travers des vers poétiques.

-  Au début de votre carrière, avez-vous affronté des difficultés à ce que vous ne chantiez pas ?

Le groupe Massinissa

Depuis sa création en 1994 à Dcheira dans la banlieue oubliée d’Agadir, où la marginalisation, la pauvreté et le chômage règnent, une jeune et talentueuse génération d’artistes a vu le jour : MASSINISSA est un groupe de chanteurs et de musiciens qui a commencé à s’affirmer en tant que style .

Composée de trois membres constants : Abdellah Chafiq, Larbi Bouzrab et Aissa Habboune ... le nom de MASSINISSA rayonne déjà dans le ciel de la chanson, avec des moyens rudimentaires, un style époustouflant, des voix tendres qui bercent notre identité congédiée et des poèmes qui dénoncent sérieusement la condition alarmante des Imazighen à travers l’Afrique du Nord.

La jeune formation MASSINISSA puise son originalité dans le patrimoine artistique du SOUSS (plaine entre le haut atlas et l’anti-atlas) tout en s’inspirant des autres styles musicaux amazighs du Maroc et d’ailleurs, sa mission étant la promotion de la chanson, la modernisation n’a jamais été consenti par les membres de la formation comme une aliénation mais une ouverture vers l’universel, ... , puisque la chanson est un langage sans frontière.

Lors des activités auxquelles elle prend part,Massinissa attire un large public de jeunes assoiffés de la chanson engagée ,qui parle de ses soucis de ses peines et déceptions mais qui ressuscite en lui l’espoir d’une Tamazgha unifiée ,où Imazighen vivraient dignement sur leur terre.

Source : massinissa.africa-web.org

Albensir

Mohamed Albensir (dit Damsiri) est l’un des plus grands rways contemporains.

Ce fils de boucher est né en 1937 à Tamsoult, dans le territoire des Ilbensiren (Haut-Atlas occidental). Il a le parcours classique de tout jeune Amazigh du Sud du Maroc (école coranique, randonnées pastorales derrière le cheptel familial) mais il est happé très jeune par le monde de la poésie et de la musique. Il fait preuve dans les cérémonies d’ahwach d’un don poétique exceptionnel. Il tient ainsi tête dans les asays (place villageoise où s’exécute l’ahwach) aux plus grands poètes de sa région. Fort de cette expérience, il rejoint en 1958 les troupes des chanteurs Amentag et Ahrouch. Il s’attache alors à mieux maîtriser la vielle monocorde ribab qui caractérise la tradition des Rways.

Après quelques années d’exil en Allemagne (1961-1964), il retourne au Maroc pour devenir chanteur professionnel. Dès 1965, il commence à enregistrer des albums. En 1969, un terrible accident de la route le rend paraplégique. Il s’installe alors à Casablanca auprès de la plus importante communauté émigrée chleuh. Composant et chantant en tachelhit, il acquiert une renommée au sein de sa communauté et parmi les auditeurs de la section « dialectale » (qism allahajat) de la radio nationale. Il chante, à côté de thèmes sociaux et affectifs, sa colère de l’attitude méprisante des autorités envers les Amazighs et leur culture.

La contestation a marqué la trajectoire poétique et militante d’Albensir. Il a certes chanté, au début de sa carrière, la gloire de la monarchie et de la nation, mais en vain : l’indifférence des représentants de la « nation » chantée et glorifiée le conduit à prendre conscience de la position dominée et marginale de son métier et, partant, de sa culture amazighe. Devant le mépris opposé à son art, Albensir ne se résigne pas. Il passe à la révolte et exprime dans un langage clair son attachement à sa culture natale.

Selon lui, le pouvoir n’est pas simplement indifférent, il est aussi aliéné puisqu’il ne reconnaît de la chanson que celle exprimée en arabe par des nationaux ou des Égyptiens comme Abdelhalim Hafiz et Abdelawah. Cette attitude ravive chez lui le sentiment douloureux de la marginalité. L’État, chante-t-il, ignore les chanteurs chleuhs dont il se sent le porte-parole. Il ne « nous » réserve, poursuit-il, qu’une mort indigne et silencieuse dans les marges de la cité comme des chiens errants (zun d igh immut uydi gh umedduz). L’humoriste chleuh Abdallah Anidif résume ainsi la place de la culture amazighe dans les média : Tumêz tcelhît gh lidaàa uncek lli tamêz lebcklît gh ccanti (la place qu’occupe tachelhit à la radio est la même que celle d’une bicyclette sur la route).

Loin d’abandonner sa « petite tradition » poétique pour s’intégrer dans la « haute culture » imposée, Albensir est le premier rrays à chanter la langue amazighe. Il déclare ainsi son inscription dans la marginalité :


Ahwach, danse du pays chleuh


. L’Ahouach est à la fois le nom générique donné à la musique de village et le nom d’une danse typique du pays chleuh (Haut-Atlas, Anti-Atlas et Souss). Se pratiquant à l’occasion de toutes les célébrations collectives, ce sont des villageois volontaires qui en assurent l’exécution. C’est une danse mixte précédée d’un chant dialogué, une sorte de joute appelé l’msaq

Les chants et la musique sont le moyen d’expression le plus explicite dont disposent les Berbères des hautes vallées marocaines. Le chant et la danse sont pratiquement inséparables. Les éléments de cet art sont le rythme, la mélodie et la chorégraphie. Il y a dans nos montagnes des meneurs de jeu, des rwaïss (chefs de chant) particulièrement dynamiques, tel celui dont Florent Schmitt disait, en le voyant évoluer sur le front de ses cinquante choristes, le tambourin levé, le geste altier : "Cet homme est un chef d’orchestre né, il surpasserait Toscanini." Dans les chants berbères, le tempérament est l’essentiel. La culture et l’art ne sont que des moyens au service du génie. A travers toute la musique berbère, le rythme est la base fondamentale.

Un thème poétique est proposé, une phrase est lancée : "Les cœurs de tous les hommes doivent aspirer au bonheur." "L’amour doit être le thème de la vie de notre tribu". Là-dessus, le thème musical se brode, très simple, rustique, sur deux ou trois notes, de sorte qu’il s’agit beaucoup plus d’une déclamation, d’une mélopée extrêmement fruste. Le rythme aussitôt s’en empare, lui donne une forme, une structure rigide que la danse va rendre visible, plastique, efficiente. Très souvent c’est une cérémonie nocturne organisée à l’abri de ces constructions en pisé que sont les casbahs aux tours audacieuses qui défient le ciel et dominent la vallée. Et voici que les cours s’emplissent d’ombres et de murmures, un feu de branches légères flambe pour réchauffer la peau des tambourins qui vont vibrer toute la nuit dans le silence de la vallée, et la flamme éclaire les beaux visages souriants des jeunes filles berbères. Des silhouettes fantastiques animent les murs crénelés qui se perdent dans la nuit. Au crépitement du bois répond la vibration sourde des tambourins.

Les danseuses de l’ahouach, aux longues robes de soie, aux coiffures multicolores, prennent rang dans la ronde, alors qu’au centre, près du feu, sont assis une douzaine d’hommes, tous munis d’un bendir (grand tambourin rustique) qui résonne maintenant comme une cymbale. Une voix s’élève, rude, étranglée, suraiguë : un chanteur propose un thème qui se cherche, hésite, repart. Il jette une sorte d’appel vers l’espace, puis s’écoute, se recueille dans le grave, s’élance tout à coup vers les cimes en bondissant, et s’arrête soudain comme épuisé. Mais déjà un second chanteur reprend la cantilène ébauchée. La mélodie, encore sans relief, précise sa ligne. C’est l’msaq. Pour les gens du pays, c’est ce chant dialogué qui est la partie la plus appréciée et aussi la plus difficile à réussir. C’est également la plus surprenante par son originalité pour les spectateurs non initiés.

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musique amazigh  posté le jeudi 28 juin 2007 21:36

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hamid inarzaf  posté le mardi 10 juillet 2007 14:59

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